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  PHILIPPE BAUDELOCQUE
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Sortir à Paris - Télérama.fr

L'artiste français a investi un grand mur face à la Fondation Cartier comme les sous-sols
du Palais de Tokyo dans le cadre du Lasco Project. Ne dites surtout pas à Philippe Baudelocque
qu'il est street artiste : le jeune homme déteste être enfermé dans la rue.
Ou ailleurs ! L'artiste a placé la liberté au premier rang de ses priorités :
modes opératoires, supports de création…
Il aime expérimenter. On a découvert il y a quelques années ses dessins blanc sur noir à la craie,
sur la façade d'une boutique, dans une petite rue du Marais.

Depuis, la notoriété de ses animaux graphiques et de ses constellations poétiques a dépassé
les frontières. Philippe Baudelocque adore sauter les barrières et lancer des ponts :
entre les univers et les sphères, artistiques ou commerciales.
Jeune quadra, il passe avec élégance du meuble, à l'objet, au mural : on peut toujours admirer
le long travail, qu'il a dessiné devant l'Ecole spéciale d'architecture, boulevard Raspail,
face à la Fondation Cartier ; un nouveau dessin cosmique, dans les entrailles du Palais de Tokyo.
Pour Nuit Blanche, il investira avec d'autres, un espace de glisse du 18e arrondissement.

Ancien élève des Arts Décoratifs, Philippe Baudelocque cultive la fibre de l'indépendance,
seule manière pour lui, de garder la pureté du dessin qui peut, sous sa main, revêtir une
autre orthographe : technique savante et trait léger, Philippe Baudelocque est un esprit poète,
un naturaliste du XXIe siècle, qui cultive son talent pour partager ses idées.
Celles d'une humanité tranquille en noir et blanc réconciliée avec elle-même et son environnement.

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The French artist has taken over a large wall opposite the Cartier Foundation, as well as
the basement of the Palais de Tokyo, as part of the Lasco Project.

Do not, above all, tell Philippe Baudelocque that he is a street artist : the young man hates
being confined to the street. Or anywhere else for that matter !
His freedom is of paramount importance : processes, creative supports…
His thing is to experiment. His white chalk drawings on black were first discovered several
years ago, on the façade of a boutique, in a street in the Marais.
His notorious graphic animals and poetic constellations have gone from strength to strength.
Philippe Baudelocque loves breaking down traditional barriers and building bridges : between
artistic and commercial worlds and spheres.

This youthful forty-something elegantly switches from furniture to object and to mural :
the lengthy artwork that he drew in front of the École Spéciale d'Architecture on Boulevard Raspail,
opposite the Cartier Foundation, can still be admired as well as a new cosmic drawing in the bowels
of the Palais de Tokyo.
With other artists he will take over a skate park in the 18th district for Nuit Blanche.

A former pupil of the Arts Décoratifs School, Philippe Baudelocque seeks independence, the only
way for him to keep the purity of line that can, under his guidance, don different forms.

With his learned technique and delicate stroke Philippe Baudelocque is a poetic 21st
century naturalist, fostering his talent and sharing his ideas.

These black and white ideas have a calm humanity, at peace with itself and its environment.

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  Bénédicte Philippe
2 Octobre 2014
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 

Rendez-vous est donné dans un quartier de Vitry-sur-Seine, où un grand tableau noir l’attend.
Un magnifique poulpe se laisse deviner. En plein travail, Philippe Baudelocque nous accorde
un entretien haut perché… sur son échelle. Il nous assure que parler ne le dérange pas.
Sa seule contrainte : finir avant le soir. Car demain, déjà, une autre commande l’appelle.

Il a 39 ans et a toujours vécu à Yerres, en Essonne. Il a suivi des études d’art, d’abord
en compagnie de Brok (streetartiste Vitriot) puis avec Julien (Seth) Malland aux Arts Déco
de Paris. Il en est ressorti diplômé et spécialiste de Art-Espace. Dans la rue, il dessine
souvent des animaux : lion, girafe, hippopotame, gorille, pélican, bison… auxquels il donne
des noms. Par un subtil travail de mise en volume par la forme, il parvient à créer une oeuvre
qui évoque la fragilité, l’éphémère et la beauté.

Je me concentre la veille

En 1989, il a quinze ans, l’âge des possibles. Il se met au graffiti. Du lettrage principalement,
nourri par ses recherches typographiques. Mais déjà, Il apprécie les lieux désaffectés, déserts
et silencieux. Il s’y sent libre d’agir et dessiner sans contrainte. À cette époque, il ne
se sent pas concerné par les guerres de style qui divisent le milieu du graffiti.
Lui veut juste être le meilleur. Avec le recul, il ne sait pas si il a gagné. Cela est
sans importance, le but aujourd’hui est de développer un style propre à soi, que l’on s’attache
à parfaire pour le maîtriser.

Son goût pour le dessin lui vient de son père, peintre animalier et grand amateur de nature.
Dans sa famille, on aime les balades en forêt et tout ce qui touche à la connaissance et
aux savoirs. D’ailleurs à Noël, pour les enfants, on offre des encyclopédies, des dictionnaires,
des atlas et des livres documentaires sur les animaux. Il se passionne très vite pour eux
et la géométrie, puis, plus tard, s’intéressera beaucoup aux mathématiques et à l’astrophysique.

Pendant sa jeune carrière de graffeur, une question le taraude : comment se distinguer des autres
quand on graffe les mêmes choses sur les murs ? Il entre en école d’art et la réponse vient à lui.
Pour la forme de ce qu’il veut représenter, il va revenir à son histoire familiale, tirer ses sujets
de ce qu’il est : les savoirs et les connaissances encyclopédiques accumulés dans son enfance,
les peintures animalières de son père. Pour dessiner, il conserve l’énergie issue de son expérience
de la rue.

« Faire un mur, peindre sur toile, il n’y a pas de différence pour moi. Le milieu du graffiti
véhicule l’idée que l’action dans la rue est le seul art noble. Je ne partage pas cet avis.
Je ne me donne pas de limites. Tous les espaces sont à investir. J’interviens chez les gens,
en galerie, dans les écoles, en forêt, en ville. Je n’ai pas d’amour particulier pour l’urbain.
Je dessine, c’est tout. Pour moi, le lieu n’a pas d’importance. »

Il avoue tirer plaisir à chacune de ses réalisations. Des gens pratiquent le yoga pour être
en harmonie avec eux-mêmes, lui, c’est le dessin. De fait, dessiner lui sert à se recentrer.
« Etre centré dans le corps permet d’exécuter le bon geste. Quand je ne le suis pas, le trait
est moins droit ». Sa concentration débute la veille d’un dessin. « En général, je ne me disperse pas.
Je reste chez moi. C’est la seule manière pour moi d’être efficace et disponible pour l’œuvre à créer,
le mur à investir. »

C’est le hasard qui l’a amené à constituer cette œuvre singulière faite d’animaux aux corps
composés de multiples motifs répétés. « C’était en mai 2009. Je me promène dans Paris avec un ami.
Nous croisons un mur* peint en noir dans une rue. Il s’arrête et me dit : « Il n’y a plus qu’à
y faire un mur à la craie. » L’idée m’a réjoui. J’ai demandé l’autorisation au propriétaire et
voilà comment « Cosmic Animals » a débuté. Le sens de la démarche est venu après. »

J’associe les contraires pour les magnifier.

Il accorde beaucoup d’importance à son activité murale. Car, dit-il, « le principe de muralité
m’importe beaucoup. Je suis très sensible à l’emplacement des murs sur lesquels je travaille.
Par exemple, celui-ci est idéal. Sa hauteur, sa superficie, sa position sont parfaites. Il y a
une différence entre poser une toile sur un mur et dessiner directement sur un mur.
Ces deux intentions n’ont pas le même impact sur les gens. Je suis persuadé qu’ils ressentent
littéralement l’unité que forment le dessin et le mur dans cette rue. Moi-même quand je dessine
sur un bâtiment, je perçois et je ressens sa masse physique et énergétique. Mon corps devient
récepteur, celui des spectateurs aussi. Que l’on dessine ou que l’on regarde, au final, on se prend
la présence physique du mur et du dessin en pleine figure. C’est l’aplomb du bâtiment couvert par
le dessin qui fait office d’expérience. »

Celle-ci ne serait pas complète sans la nature du matériau que Philippe Baudelocque utilise
pour dessiner. Au corps massif d’un mur, l’artiste propose la densité friable et éphémère
de la craie. Il introduit ici une subtilité particulière qui caractérise son travail :
chez lui, tout n’est pas puissant. Il s’est depuis longtemps détourné du graffiti,
« Un mode d’expression puissant qui sature de couleurs et de matières l’environnement qu’il occupe.
Moi aussi, je vais à l’encontre du lieu et j’impose mon œuvre dans la rue, cet espace qui n’est
pas prévu pour ça. Mais en même temps, je « vais avec lui », je l’accompagne.» En créant de délicats
napperons de dentelles sur des supports imposants, il confronte des contraires sans les opposer.
« Je les associe pour les magnifier. C’est leur juxtaposition qui crée la sensation. C’est ma différence. »

Ce qui frappe dans le travail de l’artiste, c’est la richesse des détails qui permettent les valeurs
de gris et les contrastes. Des surfaces blanches crayonnées aux motifs multiples et variés composent
une curieuse cartographie qui attire le regard. L’improvisation et la spontanéité participent à cette
sensation de légèreté. Seul le dessin de l’animal qui forme la structure est préparé à l’avance.
Les motifs qui servent à remplir la surface sont le fruit d’une improvisation… codifiée.
Car ils sont scrupuleusement réunis dans des petits carnets, les « codex ». Pour enrichir son inventaire,
il crée de nouveaux modèles en les assemblant. Il ne souhaite pas qu’on les photographie mais veut
bien les montrer. « Pas besoin de posséder les choses pour s’en nourrir » dit-il dans un sourire.
Comme pour s’excuser.

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The meeting-point is in an area of Vitry-sur-Seine where a large black canvas awaits him.
A magnificent octopus can be made out. Hard at work, Philippe Baudelocque grants us an interview
perched up high…on his ladder. He assures us that talking does not disrupt him.
The only pressure he is under is to finish before the evening.
Tomorrow another commission is waiting for him.

He is 39 years old and has always lived in Yerres, in Essonne.
He studied art to begin with, first of all with Brok (street artist Vitriot)
then with Julien (Seth) Malland at the Arts Déco School in Paris. He graduated specialising
in Art and Space. In the street, he often draws animals : lion; giraffe; hippopotamus, gorilla,
pelican, bison…
to which he gives names. Through subtle work creating volume through form, he is able to create
a work of art that conjures up fragility, the ephemeral and beauty.

I Focus Overnight

In 1989, when he was fifteen and the world was his oyster, he took up graffiti.
Predominantly lettering that was fuelled by his research in typography.
He already appreciated disused, deserted and silent sites where he felt free to act and draw
without any constraints.
At this time, he was not concerned by the style wars that divide the graffiti world.
He just wanted to be the best. In retrospect, he does not know if he won.
That is not important, today’s goal is to develop a unique style and to perfect and therefore
master it.
His taste for drawing comes from his father, an animal painter and a great nature lover.

His family enjoys walks in the forest, and anything to do with knowledge and understanding.
Moreover at Christmas the children were given encyclopaedias, dictionaries, atlases and reference
books about animals. He developed a passion for them very quickly as well as geometry, then, later
he became very interested in mathematics and astrophysics.
At the start of his career as a graffiti artist he was tormented by the question :
how do you stand out from others when you graffiti the same things on walls ?
He started art school and the answer came to him.

For the form of what he wants to depict, he will refer to his family history, draw his subjects
from that : encyclopaedic knowledge and understanding accumulated during his childhood, animal
paintings from his father. He has kept the energy to draw from his experience on the streets.

"I do not differentiate between creating on a wall and painting on a canvas. The world of graffiti
conveys the idea that action in the street is the only noble art. I do not share this opinion.
I have no limits.
Any space is a potential canvas. I work in homes, in galleries, in schools, in forests and in towns.
I have no burning desire for urban settings. I draw and that is all. For me, the place is
not important."
He takes pleasure in each of his creations. People do yoga to be at one with themselves, for him
it is drawing. In fact, drawing helps him to refocus.

"Being focused within the body enables the right gestures to be performed. When that is not the case,
the stroke is not as straight."
His concentration starts on the eve of a drawing. "In general, I do not spread myself thin.
I stay at home. For me it is the only way to be efficient and available for the artwork to be created,
to devote myself to the wall."
Fate led him to form this unique artwork of animals with bodies composed of many repeated motifs.

"In May 2009 I was walking in Paris with a friend. We came across a wall painted black in a street.
He stopped and he said to me: ‘You just have to chalk the wall."
I loved the idea. I asked the owner’s permission and that is how "Cosmic Animals" came into being.
The rationale followed." I associate opposites to magnify them.

He attaches considerable importance to his mural work. For, he says, "the mural principal is
important to me. I am very sensitive to the location of the walls on which I work. For example,
this one is ideal. Its height, its surface area and its position are perfect. There is a difference
between placing a canvas on a wall and drawing directly on a wall.

These two intentions do not have the same impact on people.
I am convinced that they literally feel the unity that the drawing and the wall form in this street.
When I draw on a building, I perceive and feel its physical and energising mass. My body becomes
a receptacle and the same goes for spectators too.
Whether one draws or observes, in the end, we take the physical presence of the wall and the drawing
smack in the face. The upright building covered by the drawing serves as an experiment."

It would not be complete without the nature of the material that Philippe Baudelocque uses to draw.
The artist offers the crisp and ephemeral density of the chalk to the solid body of the wall.
Here he introduces a particular subtlety that characterises his work : not everything is powerful
with him.
He stopped graffiti a long time ago, "A powerful means of expression that saturates the environment
it occupies with colours and materials.
I also fly in the face of the place and impose my artwork upon the street, this space that is not
intended for that. But at the same time, I "go with it" I accompany it." Creating delicate lace
tablemats on imposing supports, he compares opposites without opposing them.
"I associate them to magnify them. Their juxtaposition creates the feeling.

That is how I stand out; What is striking about the artist’s work is the wealth of detail enabled
by the shades of grey and contrasts. White surfaces sketched with many varied motifs form a curious
cartography that attracts the observer’s attention.
Improvisation and spontaneity are part of this feeling of lightness. Only the structural drawing
of the animal is prepared in advance. The motifs that serve to fill the surface are the fruit of
codified improvisation, for they are scrupulously gathered in small notebooks, or "codex".
He creates new models, to enrich his inventory, by assembling them.
He doesn’t want them to be photographed but wants to show them.
"No need to possess things for them to be nourishing" he says with a smile, as if to be excused.

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  Jean-Philippe Trigla
8 novembre 2013
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 

EN UN COUP DE CRAIE COSMIQUE - PORTRAIT DE PHILIPPE BAUDELOCQUE

Comme une envie urgente d’écouter le dernier album de Vampire Weekend, il fallait
au plus vite qu’on vous parle de Philippe Baudelocque : ce maître de l’escabeau qui
dessine à la craie des animaux sur de grands murs noirs.

Vous avez peut être déjà croisé ces fresques éphémères très proches et en même temps
très lointaines du street art ?
Philippe Baudelocque se fait connaître grâce à un mur noir qui s’est présenté à lui
par hasard. C’est par une belle journée de 2009, en se promenant à Paris, qu’un de
ses amis lui dit «tu voudrais pas dessiner dessus ?».
Il se lance et le dessin fera le tour de la blogosphère. Il reçoit des messages du
monde entier.
L’univers de la toile lui fait signe, c’est une révélation. Il sait ce qu’il doit
faire maintenant et il n’a jamais lâché sa craie depuis. Le plus important c’est de
se lever tous les matins avec le sourire.

Nouvelle figure spirituelle de la trace blanche, muni de ses baskets, il réalise
des performances in situ.
Il tâtonne en aveugle et se repère au toucher sur ces grandes surfaces. A mains nues,
il s’acquitte des repères spatiaux temporels. Il change la dimension de ses croquis
réalisés sur des carnets pour les transposer sur des façades.
Il change d’échelle comme d’univers.

Ses dessins en eux mêmes abolissent aussi les repères de la réalité matérielle.
Des systèmes solaires forment des cellules composant des corps humains.
De la galaxie à l’atome, il n’y a qu’un pas. On passe de l’infiniment petit
à l’infiniment grand en un coup de craie cosmique.

Et puis, la localisation de ses fresques amène la faune en milieu urbain.
Il intègre des animaux au paysage bétonné.
Ne faudrait-il pas faire plus de place au vivant en ville ? Ne vous étonnez donc
pas de voir des pieuvres, éléphants, chouettes, vaches, chats, et autres baleines
en haut d’un escalator ou sur un rideau de fer.

Si ses fresques s’effacent avec le temps elles ouvrent une porte galactique à tout
électron libre cherchant son vaisseau.

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WITH A STROKE OF COSMIC CHALK - PORTRAIT OF PHILIPPE BAUDELOCQUE

As urgent as the desire to listen to Vampire Weekend’s latest album, it was essential
to tell you about Philippe Baudelocque as quickly as possible : a step ladder master
who draws animals in chalk on large black walls.
Perhaps you have already come across these ephemeral frescoes that are very similar to,
and at the same time very far removed, from street art ?

Philippe Baudelocque became well-known thanks to a black wall put before him by chance.
One fine day walking in Paris in 2009, one of his friends said to him ‘don’t you want
to draw on it ?
He made a start and the drawing toured the blogosphere. He received messages from all
over the world.
The world of the web beckoned him ; a revelation had taken place. He then knew what
he had to do and he has not relinquished his chalk since.
The most important thing is to get up in the morning with a smile on his face.
This new spiritual figure of white outlines performs in situ sporting his trainers.
He gropes blindly and finds his way with his hands on these large surfaces.
His bare hands establish spatial and temporal markers.
He changes the dimension of his sketches produced on notebooks to transpose them onto façades.
He changes scale and universe alike.

His very drawings also abolish the landmarks of material reality.
Solar systems form cells constructing human bodies. The galaxy and the atom are just
one step away from each other : from the infinitely small to the infinitely large in
a cosmic dash of chalk. And then the location of his frescoes takes fauna to an urban setting.
He integrates animals into the concrete cityscape. Shouldn’t more room be made for living
creatures in the city ?
Do not therefore be surprised to see octopuses, elephants, owls, cows, cats, and other
whales at the top of an escalator or on a metal shutter.
If his frescoes disappear over time they open a galactic door to any free spirit seeking
its vessel.

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  Olivia Zeitline
18 septembre 2013
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 

PHILIPPE BAUDELOCQUE, L'OVNI DU STREET ART

Lorsque l'on découvre le travail de Philippe Baudelocque, tout laisse penser
à du street art. L'ensemble des ingrédients semble réuni : un artiste ayant
choisi la rue pour y exposer des oeuvres caractérisées par leur forme atypique
et durée de vie très éphémère. Baudelocque, lui, ne se reconnait pas dans
ce mouvement. Aucune satyre de la société ne se dégage de ses oeuvres et s'il
devait y avoir un questionnement, il dépasserait celui du cadre urbain et mettrait
l'accent sur les éléments qui constituent le vivant et cela de manière universelle.
Portrait d'un artiste hors du commun.

Né à Yerres en 1974, Philippe Baudelocque débute sa carrière artistique dès l'adolescence
en s'essayant au graffiti. Connu sous le blaze "Fusion", l'artiste finira par délaisser
crews et bombes de peinture pour un art plus figuratif. Diplomé de l'école Nationale
Supérieure des Arts décoratifs à Paris, il débute en 2009, "Cosmic Animals", une série
de fresques représentant la faune. Le concept voit le jour rue du pont aux choux, dans
le troisième arrondissement, alors que l'artiste se promène et repère une devanture à
l'abandon. Après avoir obtenu l'accord du propriétaire, Baudelocque, muni d'une simple
craie blanche, donne vie à un premier animal sur un mur reconverti en tableau noir.

De son expérience de graffeur, l'artiste a gardé la présence du mur en y apportant
un tracé sophistiqué. Une esthétique que l'on retrouve dans l'anatomie de ses
"animaux cosmiques" caractérisée par un amas de cellules représentant une dimension.
Pour chaque dimension, Baudelocque crée un motif, offrant une oeuvre d'une complexité
rare. Difficile alors pour les passants de ne pas s'arrêter pour admirer la multitude
de détails qui compose chacun de ces animaux.

Un travail titanesque qui force d'autant plus l'admiration qu'il prend vie à partir
d'une simple craie. La fragile existence d'une oeuvre au sein de l'environnement urbain,
Baudelocque la renforce en choisissant ce procédé des plus éphémères.
Bien qu'étant une contrainte propre du street art, l'artiste ne se reconnait pas dans
ce mouvement. Sans aucune transgression ou vandalisme, les oeuvres se distinguent par
leur absence de revendications tout en attirant l'attention sur des éléments qui
dépassent la simple condition humaine.

Véritable électron libre, Philippe Baudelocque brille par sa singularité en livrant
des oeuvres pleines d'humilité.

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ATYPICAL STREET ARTIST PHILIPPE BAUDELOCQUE

When you first discover Philippe Baudelocque’s work, everything points to street art.
All the components seem to be in place: an artist who has chosen the street to present
artwork characterised by an atypical form and very ephemeral life span.
Baudelocque does not identify with this movement. There is no social satire in his works
and should a question arise, it would surpass an urban setting and highlight the elements
that universally form life.

Portrait of an Outstanding Artist

Born in Yerres in 1974, Philippe Baudelocque’s art career began during his adolescence
when trying his hand at graffiti. Known as "Fusion", the artist ended up abandoning crews
and paint spray for more figurative art. A graduate of the École Nationale Supérieure des
Arts Décoratifs in Paris, he started a series of frescoes depicting fauna, "Cosmic Animals"
in 2009. The concept came to fruition on Rue du Pont-aux-Choux, in the third district,
while the artist was walking and spotted a dilapidated storefront. After gaining the owner’s
permission, Baudelocque, armed with a single piece of white chalk, brought his first animal
into existence on a wall turned blackboard.

From his experience as a graffiti artist he retained the presence of the wall adding
a sophisticated drawing.
An aesthetic found in the anatomy of his "cosmic animals" characterised by a cluster of cells
representing a dimension. For each dimension, Baudelocque creates a motif, offering an unusually
complex work. Difficult then for passers-by not to stop to admire the multitude of details
that forms each of these animals.
Incredible work that is all the more admirable as it takes shape from a single piece of chalk.
Baudelocque increases the fragile existence of an artwork in an urban environment, by choosing
this very ephemeral process.

Even though a constraint unique to street art, the artist does not relate to this movement.
Without any infringement or vandalism, the works of art differ, as they have no demands,
whilst also drawing attention to elements that transcend the simple human condition.

A true free spirit, Philippe Baudelocque is a shining example of uniqueness delivering
very humble works.

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  Mélanie Gentilhomme
18 janvier 2013